« Valoriser la prévention, c’est investir sur le futur »

Yvan Mabire, président de la CPAM14

Élu président de la CPAM du Calvados, Yvan Mabire inscrit cette nouvelle responsabilité dans la continuité de son engagement au sein de l’Assurance Maladie et de la Mutualité Française Normandie. Il revient sur le rôle concret du conseil de la CPAM, sur l’apport du regard mutualiste et sur les priorités à porter au service des assurés du territoire.

Vous venez d’être élu président de la CPAM du Calvados. Qu’est-ce que cette élection représente pour vous ?

J’entame aujourd’hui mon quatrième mandat au sein de la CPAM du Calvados. Lors des deux premiers, j’étais suppléant, puis je suis devenu titulaire et vice-président lors de la précédente mandature. Mon élection s’inscrit donc dans une continuité, celle de l’implication du mouvement mutualiste au sein du conseil de la CPAM 14.

Le rôle du conseil est essentiel, même s’il reste parfois mal connu du grand public. La CPAM repose sur une gestion paritaire, associant les représentants des salariés, des employeurs, du monde associatif et de la Mutualité Française. En lien étroit avec la direction de la caisse, le conseil intervient sur des sujets très concrets : il valide les orientations du contrat pluriannuel de gestion, les objectifs visant à améliorer la qualité du service rendu aux assurés, les budgets locaux, la politique d’action sanitaire et sociale, ou encore les modalités de traitement des réclamations. Son action a donc des effets directs dans la vie quotidienne des assurés, même si ceux-ci n’en ont pas toujours conscience.

Pourquoi est-il important que la Mutualité Française Normandie soit représentée au sein du conseil de la CPAM ?

En tant qu’acteur majeur de la protection sociale, la Mutualité Française a pleinement sa place dans les conseils de CPAM. Par les réflexions qu’elle porte et les actions qu’elle mène, elle apporte une vision de long terme sur l’avenir de notre système de protection sociale. Elle rappelle aussi qu’au-delà des ajustements paramétriques, qui montrent rapidement leurs limites, nous avons besoin de réformes de fond, construites avec l’ensemble des acteurs.

Cette présence est d’autant plus importante à l’échelle départementale qu’elle permet de faire vivre localement cette vision, en réaffirmant notre attachement à une économie non lucrative, démocratique et solidaire. Le regard mutualiste est particulièrement utile sur des sujets comme la prévention, l’accès aux droits ou l’accès aux soins. Nous pouvons, par exemple, soutenir des initiatives comme le dépistage précoce en école maternelle, suivre de près les dispositifs de dépistage des cancers, réfléchir aux moyens de mieux mobiliser les publics concernés ou encore encourager les actions de prévention de la désinsertion professionnelle.

Valoriser la prévention, c’est investir sur le futur, préserver notre système de santé et améliorer durablement la santé de nos concitoyens. Nous disposons aussi d’une expertise reconnue sur l’accès aux soins, et il ne faut pas oublier la place importante qu’occupent les mutuelles dans le 100 % santé, qui a déjà démontré son utilité mais mérite encore d’être pleinement défendu.

À vos yeux, quelles sont aujourd’hui les priorités de la CPAM du Calvados ?

Je souhaite d’abord poursuivre le travail engagé au sein du conseil dans le climat serein qui y prévaut. Le champ de l’action sociale doit être interrogé en permanence pour rester au plus près des besoins de la population, et les échanges avec les usagers doivent être entretenus avec attention. Au-delà de ce travail de fond, il faut aussi savoir explorer de nouvelles pistes lorsque cela s’avère nécessaire.

Prévention et accès aux soins demeurent, à mes yeux, deux piliers sur lesquels nous devons sans cesse progresser. Lors de la précédente mandature, la CPAM du Calvados est devenue signataire, tout comme la Mutualité Française Normandie, de la Charte Romain Jacob, traduisant une préoccupation forte pour la prise en compte du handicap et des difficultés qu’il peut engendrer dans l’accès aux soins. Ce travail doit se poursuivre.

De la même manière, au regard des constats posés sur la santé mentale en Normandie, il serait pertinent d’examiner les leviers que la CPAM pourrait mobiliser dans ce domaine. Enfin, il me paraît important que la CPAM s’ouvre encore davantage vers l’extérieur. En nouant des partenariats avec des acteurs déjà très engagés sur le terrain, elle peut aller plus loin, toujours avec le même objectif : faciliter l’accès aux soins et renforcer la place de la prévention. Quand des énergies existent, il faut savoir les rapprocher. C’est aussi ainsi que l’on gagne en efficacité au service des habitants du Calvados.